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A propos du blog

Bonjour et bienvenue sur le blog d'Arthomobiles.

Les mises à jour du site étant dictées par mes déplacements et les évènements auquel j'assiste, j'ai décidé de mettre en place cet espace qui sera beaucoup plus réactif à l'actualité, de Ferrari en particulier.

Je le lâche maintenant dans la nature et nous verrons comment il va évoluer. Pour ma part, je n'en ai aucune idée.

What's your number?

FerrariPosted by Nicolas Tue, April 10, 2012 12:52:28

Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'un aspect un peu énigmatique de la passion Ferrari: le sn. Ou telaio. Le numéro de série en français.

Pour commencer simplement, Enzo Ferrari a numéroté sa toute première voiture 001, et le reste a suivi jusqu'à aujourd'hui où le compteur doit frôler les 190 000. Sauf bien sûr que ce serait trop simple. En réalité, les numéros pairs étaient initialement réservés aux voitures de course et les numéros impairs aux voitures de route (qui participaient aussi à des courses). Ainsi 0001S fut une 166 Sport Allemano Spyder et 0002M une 166MM Barchetta Touring. Sauf que vous savez sans doute que la toute première Ferrari construite fut une 125S dont le numéro de série était... 01C. Les quinze premières voitures reçurent en effet des numéros de série particuliers (01 C, 02 C, 03 C, 002 C, 004 C, 006 I, 008 I, 010 I, 012 I, 014 I, 016 I, 018 I, 020 I, 022 I, et 024 MB) avant une remise à zéro sur le principe ci dessus.

La tradition a été perpétuée jusqu'au numéro 75000, le premier numéro pair attribué à une voiture de route, une Testarossa, en octobre 1987. A partir de là, l'incrémentation devint continue. Pour ce qui est des numéros pairs, le plus élevé à l'époque était 1050. Il est donc évident que quand le numéro 75000 fut atteint, Ferrari était très loin d'avoir construit 75000 voitures. En réalité, le chiffre était plus proche de la moitié.

Pour ce qui est des Formule 1, la numérotation était plutôt anarchique jusqu'en 1970 où le N°1 fut attribué à la première 312B . Les châssis suivants furent numérotés séquentiellement jusqu'au 293 utilisé en 2012.

L'utilité du numéro de série est évidente. Il permet de suivre l'historique d'une voiture depuis sa sortie de l'usine jusqu'à aujourd'hui, avec ses propriétaires successifs et ses entretiens, un facteur important pour une mécanique de précision. Plus la voiture est ancienne, et plus le numéro de série prend de l'importance car il devient plus difficile de retracer son parcours complet. C'est là qu'interviennent les historiens de la marque, véritables archéologues qui s'appliquent à reconstituer l'histoire et le palmarès exact de chaque modèle. En effet, dans le cas de Ferrari, le palmarès en course d'une voiture peut avoir un impact significatif sur sa valeur, et de très nombreuses voitures ont pris part à des compétitions.

Ca a l'air simple comme ça mais c'est en réalité un travail très complexe. Pendant de nombreuses années, celles où Ferrari a construit sa légende, les voitures n'avaient pas l'aura et la valeur qu'elles ont aujourd'hui, et peu de gens se souciaient d'en archiver les exploits. Ainsi, dans de nombreux cas, les voitures doivent être identifiées à partir de photos pour s'assurer qu'elles ont bien participé à telle ou telle épreuve. Plus complexe, les numéros étaient frappés à la main, chiffre par chiffre, et il a pu arriver que l'ouvrier en charge de cette tâche frappe un 6 à la place d'un 9 par exemple, plongeant l'historien dans des abymes de perplexité. Certaines voitures ont échangé leurs numéros de série, en particulier pour être exportées vers des pays où les taxes étaient importantes. Un propriétaire envoyait sa voiture à Maranello pour révision et s'en faisait expédier une neuve frappée du numéro de la précédente. Ferrari était avant tout préoccupé de financer ses voitures de course et était peu regardant sur ce genre de manipulation, comme beaucoup d'autres constructeurs.

La principale source d'information pour dénouer ce genre d'intrigue est bien sûr le propriétaire lui même mais hélas cette source commence à se tarir pour les voitures les plus anciennes. Heureusement, les experts tels que Marcel Massini disposent aujourd'hui de bases de données presque exhaustives, dont la valeur est difficilement estimable car leurs informations peuvent faire ou défaire la valeur d'une voiture. Ou départager deux propriétaires qui revendiquent chacun le même modèle.

Alors où peut on trouver le fameux numéro de série? Il est frappé sur de nombreuses pièces secrètes et difficile d'accès pour tromper les voleurs mais ses emplacements les plus abordables sont les suivants:

_ Pour les modèles les plus anciens, la plaque portant le numéro du châssis et celui du moteur (affichant de préférence le sacro-saint "matching numbers") se trouve sous le capot, le plus souvent coté habitacle.

_ Pour les modèles intermédiaires, la plaque se trouve sur la colonne de direction, juste derrière le volant. C'était encore le cas très récemment.

_ Aujourd'hui, le numéro de châssis se trouve classiquement dans l'un des angles inférieurs du pare-brise.

_ Parmi les exceptions notables, l'identification d'une Enzo se fait par l'intermédiaire d'une plaque coté passager.

_ En complément, on peut parfois trouver un report du numéro sur une plaque célébrant les victoires en F1 fixée sous la boite à gants ou pour les derniers V12 avants sur le cache du moteur.

Il existe une caste très particulière au sein des passionnés de la marque: les collectionneurs de numéros de série. Ils sont facilement reconnaissables: vous les trouverez sur les parkings de tous les évènements Ferrari, calepin et appareil photo en main, en train de se pencher sur le pare-brise des voitures. Modèle, couleur extérieure et intérieure, options, conduite à droite ou à gauche, tout les intéresse pour enrichir des bases de données dont la taille est par nature exponentielle.

J'ai moi même failli les rejoindre avant de reculer devant l'ampleur herculéènne de la tâche. Avec 20 nouvelles Ferrari sortant chaque jour (dimanche compris) des chaines de montage, vouloir suivre le flux est incroyablement difficile. Même avec un accès à tous les fichiers d'immatriculation au monde, le volume de tri et de saisie est ahurissant. Pour ma part, j'ai décidé de consacrer mon temps à mes carnets de voyage, qui m'occupent déjà bien assez. En fait, je me contente des numéros de série des voitures les plus anciennes (avant la Daytona) afin d'avoir un aperçu clair des modèles que j'ai déjà rencontrés par type, ainsi que ceux des séries limitées comme la F40, l'Enzo ou la 599 GTO, et encore, uniquement celles que j'ai vues en personne. Je suis content de me dire que j'ai vu 47 Enzo ou 68 F40 différentes au cours de mes voyages. D'autres se lancent dans des registres sur les séries limitées qui peuvent parfois aboutir à des constatations aussi étonnantes qu'embarrassantes.

Voilà, cet article n'a pas pour vocation d'être exhaustif (ce qui nécessiterait au minimum un reportage complet sur le site) mais d'expliquer rapidement pourquoi il est souvent fait tant de cas des numéros de série des Ferrari et de vous indiquer où les trouver en cas de besoin.

  • Comments(2)

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Posted by Nicolas Wed, April 11, 2012 13:56:02

Merci pour ton commentaire, qui contient plusieurs choses intéressantes. C'est vrai que le sn est un peu le prénom de la voiture, mais un prénom unique. Il permet d'identifier sans ambiguité la voiture que l'on a devant soi, ce qui est très important, pour les passionnés d'anciennes en tout cas, et de retrouver facilement sur internet leur palmarès entre autres. Et si ça peut en plus provoquer pour les anciennes, alors tant mieux.

Posted by pat Wed, April 11, 2012 12:47:38

Tu vas devenir un véritable historien de la marque..Encore une fois les anciennes donnent du fil à retordre pour en retracer l'histoire, par ce coté artisanal de la construction. J'ai remarqué que tu citais souvent ces n° pour les anciennes ou les séries spéciales (on dirait que tu leur donnes un prénom). En tous cas j'aurais appris quelque chose de plus sur Ferrari. Cet article ne serait-il pas destiné à provoquer un intérêt pour les anciennes ?