Arthomoblog

Arthomoblog

A propos du blog

Bonjour et bienvenue sur le blog d'Arthomobiles.

Les mises à jour du site étant dictées par mes déplacements et les évènements auquel j'assiste, j'ai décidé de mettre en place cet espace qui sera beaucoup plus réactif à l'actualité, de Ferrari en particulier.

Je le lâche maintenant dans la nature et nous verrons comment il va évoluer. Pour ma part, je n'en ai aucune idée.

True Colors

FerrariPosted by Nicolas Wed, October 03, 2012 16:38:12

Régulièrement lors des rassemblements Ferrari, j'entends des spectateurs admiratifs, ou même un speaker officiel, annoncer que le rouge est la couleur officielle de Ferrari (avec quelques variations sur le jaune pour ceux qui aiment faire croire qu'ils détiennent un secret réservé aux initiés). On n'est même pas loin de la fâcherie quand des propriétaires osent des couleurs différentes. D'où vient cette idée reçue et qu'en est-il vraiment?

Comme on peut s'y attendre, la réponse est à chercher du coté de la compétition. Dès l'instant où la deuxième automobile fut produite, il était inévitable que des courses soient organisées. L'une des premières était le Gordon Bennett Trophy. La course avait lieu sur route ouverte (en 1900, la première relia Paris à Lyon) et était disputée par des équipes nationales, identifiées par des couleurs pour faciliter la compréhension des spectateurs. Le rouge, le blanc et le bleu furent respectivement attribués aux Etats Unis, à l'Allemagne et à la France. Selon les règles, la course était disputée dans le pays ayant remporté la victoire l'année précédente. En 1903, elle eut lieu en Irlande, les courses sur routes étant interdites en Angleterre. L'histoire raconte que comme les couleurs de l'Union Jack étaient prises, les voitures anglaises adoptèrent la couleur du trèfle Irlandais, qui devint ensuite le célèbre Racing Green.

Vous avez noté quelque chose d'étrange dans le paragraphe ci-dessus? C'est normal. Evidemment, l'Italie avait déjà sa propre industrie automobile à l'époque (Fiat a été fondée en 1899) mais les constructeurs préféraient courir à domicile. Si l'Italie avait souhaité courir le Gordon Bennett, on ne peut pas exclure qu'elle ait négocié pour porter la couleur bleue de la famille royale de Savoie, comme le fit la Squadra Azzura en football en 1911. Et le destin de Ferrari en aurait été changé.

C'est en 1906, au premier Grand Prix de l’Automobile Club de France au Mans qu'une voiture Italienne porta pour la première fois la livrée rouge mais ce n'est que quinze ans plus tard que les couleurs furent codifiées et que l'Italie récupéra définitivement le rouge. Ce règlement donna lieu à des anecdotes amusantes, dont le passage de l'Allemagne du blanc au gris pour gagner quelques kilos en débarrassant les voitures de toute peinture. En 1964, Enzo Ferrari se vit refuser l'homologation de la 250 LM en catégorie GT. Pour protester contre ce qu'il estimait être un manque de soutien des autorités Italiennes, il demanda à Luigi Chinetti d'engager les Formule 1 de la Scuderia pour les deux dernières courses de la saison. C'est ainsi que John Surtees fut sacré Champion du Monde de F1 dans une Ferrari 158 aux couleurs bleues et blanches des Etats Unis, arborant l'écusson du NART.

Le rouge Italien fut porté successivement ou simultanément par Alfa Roméo, Lancia, Ferrari et Maserati mais les temps allaient changer. Pendant longtemps, les revenus des teams provenaient des bonus distribués par les compagnies pétrolières, qui se contentaient de faire figurer les pilotes dans leurs publicités. Mais quand Esso retira son soutien à Lotus à la fin de 1967, colin Chapman dut trouver de l'argent ailleurs. Opportunément, la règle des couleurs nationales avait été discrètement abandonnée un peu plus tôt et Chapman approcha le cigarettier Imperial Tobacco pour un accord de sponsoring. Lors d'une course en Nouvelle Zélande, les spectateurs eurent la surprise de découvrir les Lotus dans une livrée rouge, blanche et or. Très vite, toutes les écuries suivirent et les voitures devinrent bigarrées et dans l'ensemble assez laides. Ferrari résista du mieux possible mais quand un accord avec Marlboro devint inévitable, il conserva tout de même une majorité de rouge sur ses voitures (ce qui par une heureuse coïncidence était assez facile).

Cela dit, même chez Ferrari le rouge n'est pas resté immuable, tirant parfois franchement sur l'orange ou le rose, afin d'obtenir l'impact maximum au travers des caméras de télévision. En effet, à un moment donné celles ci avaient la fâcheuse tendance à retranscrire de façon presque brune le rouge pur. Depuis 2007, les voitures ont repris le rosso corsa, puis le rosso perlato réputé plus léger mais il s'agit toujours d'un rouge sans équivoque.

Dès lors, il n'est pas étonnant que la plupart des clients des voitures de route choisissent leur voiture en rouge, sous l'influence des monoplaces qu'ils voient tourner le weekend à la télévision (la tendance était nettement moins tranchée avant la diffusion des courses en couleur). Pour ce qui est du jaune, deux explications sont possibles: il s'agit d'une part de la couleur de la ville de Modène qui sert de fond au scudetto. Et d'autre part de la livrée de course de la Belgique, souvent représentée par Jacques Swaters avec qui Ferrari avait noué des liens très forts.

Voilà. Par patriotisme, Enzo Ferrari a toujours défendu la couleur rouge historique pour ses voitures de compétition bien aimées mais je ne crois pas qu'il ait jamais émis de préconisations sur la couleur de ses voitures de route. Sa voiture personnelle a d'ailleurs longtemps été grise, ce qui tend à prouver que cela lui était indifférent. A partir de là, on peut oser dire que Ferrari n'a pas de couleur officielle, même si la majorité de ses clients a une nette préférence.

Pour en terminer avec les couleurs, j'aimerais noter l'influence importante que peut avoir la couleur de présentation d'une voiture lors des salons automobiles, qui semble marquer durablement les esprits. Ainsi, quand Lamborghini a commencé à lancer la mode du blanc sur ses stands, il y a eu une véritable déferlante de voitures fades et identiques. Heureusement, la marque a depuis corrigé le tir en présentant ses modèles en orange, rouge, vert, jaune, et même bleu clair. Ouf.

PS: ce post est fortement inspiré d'un article paru dans Ferrari Magazine.

  • Comments(4)

Fill in only if you are not real





The following XHTML tags are allowed: <b>, <br/>, <em>, <i>, <strong>, <u>. CSS styles and Javascript are not permitted.
Posted by JM Thu, February 05, 2015 13:43:56

Pour compléter, revenons sur les anglais, patriotes et même chauvins. Pourtant de longue date, les MG de courses ont été rouges.
Il faut remonter aux participations des anglais aux Mille Miles. Les écuries britanniques ont remarqué que les barrière de passages à niveaux étaient toujours ouvertes pour les Ferrari, Maserati et autres voitures italiennes, mais qu'elles se fermaient soudainement à l'arrivée d'une française, anglaise ou d'un autre pays. Healey et MG eurent alors l'idée de peindre leurs voitures en rouge et aussitôt les barrières se levèrent.

Posted by gfh gfj Fri, July 26, 2013 01:49:38

fgh fgh fgh fgh fgh fgh fgh

Posted by Nicolas Thu, October 04, 2012 17:37:28

En effet de nombreux propriétaires souhaitent pouvoir profiter de leur Ferrari sans pour autant attirer l'attention sur eux (en tout cas un minimum), ce qui explique des couleurs grises ou noires. Ce sont aussi de grands passionnés car ils veulent rouler le plus possible, sans se faire remarquer.

Posted by pat Thu, October 04, 2012 12:13:14

Chapeau pour la recherche, ce post est très instructif. Perso, je suis surement influencé par la F1 et je préfère le rouge surtout sur les V8, pour les autres modèles je suis plus ouvert à d'autres teintes. Il est d'ailleurs dommage que beaucoup de modèles de Ferrari soient gris pour rester neutre (je suppose que c'est la raison principale de ce choix) et se fondent trop dans la circulation. Sans aller jusqu'à l'exubérance de certaines Lamborghini un peu plus de variété ne fait pas de mal, le catalogue de la marque le permet facilement.