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A propos du blog

Bonjour et bienvenue sur le blog d'Arthomobiles.

Les mises à jour du site étant dictées par mes déplacements et les évènements auquel j'assiste, j'ai décidé de mettre en place cet espace qui sera beaucoup plus réactif à l'actualité, de Ferrari en particulier.

Je le lâche maintenant dans la nature et nous verrons comment il va évoluer. Pour ma part, je n'en ai aucune idée.

Le KERS au secours du V12

FerrariPosted by Nicolas Thu, March 29, 2012 17:48:37

Je dois vous avouer que la F12 berlinetta a été une très bonne surprise pour moi, pour plusieurs raisons. D'abord parce que ses lignes me plaisent beaucoup et que je sais qu'elle sera la digne héritière de la 599 GTB. Mais également car Luca Di Montezemolo a confirmé qu'elle annonçait l'avènement d'une toute nouvelle lignée de V12, une espèce que je pensais en voie de disparition rapide.

Cette architecture est intimement liée à l'histoire de Ferrari mais il est évident qu'elle est de moins en moins en odeur de sainteté: grosse consommatrice de carburant, la plupart des constructeurs l'ont abandonnée, y compris en compétition. Ferrari aligne des V8 en endurance et Lamborghini, l'autre utilisateur emblématique de V12, a finalement donné la priorité aux V10 de la Gallardo. La Formule 1 joue à fond la carte du downsizing, passant en moins de 20 ans du V12 de 3.5 L au V10 puis au V8 de 2.4 L avec pour objectif à deux ans de passer au V6 1.6 L..

A vue de nez, j'aurais tendance à dire que c'est de la démagogie car si on fixe aux ingénieurs moteurs des objectifs raisonnables (mais ambitieux)de consommation, de rejets d'émission ou autres, on peut être sûr que des solutions vont voir le jour quelle que soit l'architecture choisie. Il est donc dommage de renier le passé glorieux des gros moteurs sous pretexte de se rapprocher des voitures de monsieur tout le monde. Ca se discute mais aujourd'hui, la F1 est enfermée dans de tels carcans règlementaires qu'une évolution de la règle donne un résultat identique dans toutes les écuries, comme le prouve l'ignoble bec de cette année. C'est donc le legislateur qui décide des (r)évolutions technologiques, et non plus les ingénieurs, ce que je trouve un peu dommage pour la discipline reine. Cela dit, la tendance au downsizing est générale. Audi est bien passé du V10 diesel de la R15 au V6 hybride sur la R18+ e-tron.

Bref, vous pouvez imaginer mon soulagement quand Ferrari a annoncé le V12 le plus puissant de son histoire. Bien sûr, comme tout le monde, la marque se doit de respecter les nouvelles règles en terme d'émission de CO², ce qui implique de redoubler d'innovations pour conserver des moteurs devenus atypiques. D'ores et déjà, la technologie Stop & Start a fait son apparition sur la California tandis que des progrès en terme de friction interne ont sensiblement réduit les émissions de gaz. Nul doute que la pression est sur Shell pour produire des lubrifiants encore plus efficaces. Mais tout cela risque de ne pas suffire.

En 2010 à Genève, Ferrari avait présenté la 599 HY-KERS, pourvue d'un système hybride original. La voiture avait ensuite disparu des écrans radars mais il semblerait que son développement se soit poursuivi. La rumeur selon laquelle la future remplaçante de l'Enzo disposerait d'un système hybride à base de KERS (récupération de l'énergie aujourd'hui gaspillée sous forme de chaleur lors du freinage) se fait de plus en plus insistante.

Dans une interview à Autocar, Amadeo Felisa, le directeur général de Ferrari, a confirmé que l'arrivée du KERS était immente, pour permettre de respecter les normes environnementales. Il laisse même entendre que dans le futur, toute la gamme pourrait en être équipée de série et que le système a été développé dans ce but. On peut donc s'attendre à une nouvelle surprise de taille. Lamborghini notamment a placé la barre haute et Ferrari aura comme d'habitude à coeur de répondre de façon incontestable. J'entends déjà les levées de bouclier des "puristes" quand un moteur électrique d'appoint va faire son apparition sur une Ferrari. Pour ma part, je suis intimement persuadé qu'il sera intégré de la façon la plus efficace qui soit et j'attends même avec impatience cette nouvelle révolution.

Je ne peux pas en dire autant de la dernière partie de l'interview de Felisa quand le Directeur Général admet que Ferrari est en train de reconsidérer son refus d'intégrer des moteurs six cylindres et que des études sont menées dans ce sens. En effet, la F1 va bientôt porter le six cylindres à des stades de développement encore inédits et aux Etats Unis, premier marché mondial de la marque, les mentalités évoluent et le V8 n'est plus considéré comme le minimum syndical. A priori, on n'est pas encore près de voir sortir une Ferrari V6 mais ce n'est plus du domaine de l'impossible. Et même moi qui suit plutôt tolérant sur les parti-pris techniques, j'avoue que j'aurai quelques difficultés à l'avaler. Je vais dès à présent me replonger dans le passé des Dino 246, dont les qualités sont largement reconnues "malgré" leur V6. Et me rappeler qu'en leur temps, les 750 Monza ou 500 TRC étaient motorisées par des quatre cylindres. Tout est finalement ouvert, dans le respect de l'Histoire prestigieuse de la marque.

Sauf un SUV ou un diesel, évidemment...

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