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A propos du blog

Bonjour et bienvenue sur le blog d'Arthomobiles.

Les mises à jour du site étant dictées par mes déplacements et les évènements auquel j'assiste, j'ai décidé de mettre en place cet espace qui sera beaucoup plus réactif à l'actualité, de Ferrari en particulier.

Je le lâche maintenant dans la nature et nous verrons comment il va évoluer. Pour ma part, je n'en ai aucune idée.

Portfolio

FerrariPosted by Nicolas Sat, April 14, 2012 19:29:54

A l'âge d'or de l'automobile, il était très courant que les châssis des marques de prestige soient livrés nus au client qui pouvait sélectionner le carrossier de son choix pour habiller son nouveau bijou. Enzo Ferrari lui même n'avait pas de carrosserie à l'usine et faisait habiller ses châssis par des artisans indépendants comme Touring, Ghia, Vignale, Zagato ou encore Boano.

De nos jours, l'augmentation de la production, même des voitures les plus chères (on voit des Veyron partout), a apparemment conduit à la frustration des clients les plus exigeants. Certains (comme les Russes), ont choisi le tuning extrême, souvent de mauvais goût mais tellement original! D'autres (comme les émirs) ont privilégié les teintes les plus outrageantes possibles pour se singulariser. Pas fous, les constructeurs ont vite détecté cette demande et ont répondu en créant des Ateliers de Personnalisation disposant de centaines d'option qui permettent d'être sûr que sa voiture aura un petit quelque chose d'unique. Sans surprise, ces ateliers, comme le One to One de Ferrari, puis le Tailor Made qui pousse la logique plus loin, ont immédiatement trouvé leur public (et fait monter l'addition moyenne d'un modèle).

Mais pour quelques uns, ces options cosmétiques n'étaient pas suffisantes. Ils voulaient collaborer directement à des modifications importantes de carrosserie. En 2005, un client Japonais passa donc commande à la Carrozzeria Zagato d'une 575M modifiée pour rendre hommage aux fameuses 250 GTZ. Finalement, neuf exemplaires furent construits sous le regard irrité de Ferrari. Dans le même temps, Giugiaro dévoilait sa GG50 personnelle sur base de 612.

Deux autres clients s'adressèrent l'année suivante à Pininfarina. Peter Kalikow demanda des modifications subtiles sur un châssis de 612, avec un capot un peu rétro et un toit en verre à opacité variable. La voiture fut sobrement appelée 612 Kappa. Plus ou moins en même temps, James Glickenhaus fit construire sa P4/5, inspirée de la légendaire P4, sur base de Ferrari Enzo. Cette fois, Maranello ne dit rien, s'agissant de son designer attitré, mais n'en pensa sans doute pas moins.

Peu de temps après fut créée à l'usine une division des projets spéciaux (baptisée "Portfolio" chargée de satisfaire ce genre de demandes "a la casa". A priori le client peut choisir le carrossier entre Zagato, Pininfarina et Fioravanti mais avec le "support" de l'usine (et notamment sa bénédiction pour conserver le cheval cabré sur la carrosserie) ou s'adresser au bureau de style de la marque. Il semblerait que Ferrari impose de nombreuses restrictions au niveau design et technique (on en verra un bon exemple plus bas). L'autre caractéristique principale des projets SP est un prix totalement délirant, apparemment plusieurs millions à chaque fois. Les carrossiers ne jouant pas le jeu (comme Vandenbrink par exemple) ne pourront quand à eux plus utiliser le logo Ferrari sur leurs créations.

C'est ainsi qu'en 2008 fut présentée la F430 SP1 (sn 158865), dessinée par Leanordo Fioravanti pour le collectionneur japonais Junichiro Hiramatsu. Fioravanti est le dessinateur de la Daytona et le père du toit pivotant de la 575 Superamerica. La carrosserie fait un usage intensif de fibre de carbone. Les feux avant restent les même mais le nez est plus allongé.

Les feux arrière sont prélevés sur la 599 GTB. A priori la SP1 n'offre aucune modification technique. Elle n'est pas du tout à mon goût mais l'essentiel est bien qu'elle plaise au client.

La création suivante a être présentée publiquement a été la 540 Aperta Superfast, une réinterprétation d'une Ferrari carrossée par Fantuzzi figurant dans le film Toby Dammit de Fellini, sorti en 1968. Elle a été dessinée par Pininfarina pour Edward Walson, le fils de l'inventeur de la télévision par câble John Walson.

La voiture reçoit 20kg de renforts en carbone pour conserver la rigidité de la caisse. On peut imaginer qu'elle ait fourni quelques données intéressantes pour le développement de la SA Aperta. Encore une fois, pas de modifications techniques. Pour ma part, je trouve l'avant très réussi alors que je suis moins fan de l'arrière. Mais c'est une question de goûts.


SP3 ressemble elle aussi à une SA Aperta, mais qui empreinterait son toit pivotant à la Superamerica. Elle a été commandée par Peter Kalikow pour le 45ème anniversaire de l'achat de se première Ferrari, et se nomme officiellement Superamerica 45. Autre clin d'oeil, sa couleur est un Blu Antille exclusif semblable à celui de la 400 Superamerica cabriolet sn 2331SA de 1961 que possède par ailleurs Peter Kalikow. Le numéro de série est 178976 mais la voiture donneuse n'est pas très explicite (599 GTO?). Le produit fini a été présenté en mai 2011 à la Villa d'Este, ce qui m'a permis de constater quelques défauts de finition loin d'être anecdotiques.

J'espère que la voiture est repartie en atelier pour fignoler tout ça car s'il y a un point commun à tous ses projets, c'est la rumeur sur leur coût puisque le chiffre de trois millions d'euros et souvent avancé, même s'il faut le prendre avec les précautions qui s'imposent.

Il est fort possible que certains projets soient menés en tout discrétion car la dernière création en date est apparue sur le net sous forme de spyhsots et non de communiqué de presse. Elle porte le nom de SP12 EPC, et comme son nom l'indique partiellement, elle a été réalisée à la demande du musicien Eric Patrick Clapton. La rumeur d'une 458 à moteur V12 circulait sur le net depuis déjà quelques mois et voici cette 458 qui porte tous les attributs de la 512 BB: robe bicolore, couvre-carburateurs à la place du capot vitré, large grille en inox...

Sauf que, même si aucune photo du moteur n'a été publiée, il semble que le coeur de la bête soit resté le V8 de la 458 Italia. Qui plus est, si j'ai trouvé l'arrière séduisant, l'avant me déplait fortement du fait de l'effet de déjà vu provoqué par le recyclage des optiques avant de l'Enzo. Ce qui va me permettre de conclure.

Sur le principe, l'idée de s'inviter à la table des carrossiers pour prendre sa part du gateau ne semble pas illogique, même si quelque part c'est un peu attabler un businessman bien gras avec des artisans malingres. Au bout du compte, ce qui me gène est l'encadrement très strict qui semble limiter le choix des clients. Car si ceux ci doivent se contenter de modifications purement cosmétiques, avec uniquement la possibilité de mixer des pièces existantes dans le stock, c'est quand même dommage. Je veux bien que des problèmes d'homologation se posent suite à des modifications trop importantes mais au vu des sommes délirantes annoncées pour ces machines, la démarche ne semble pas insurmontable. Je suis donc plutôt déçu que Ferrari exploite l'attachement de ses clients à la marque (ils veulent absolument conserver le cheval cabré sur la voiture) pour restreindre leur créativité et faire s'envoler les prix.

Au final, seul James Glickenhaus reste propriétaire des droits de son design, ce qui lui a permis de construire de façon privée son pendant compétition, la P4/5C. Comme l'homme le dit "P4/5 slipped through a magic moment in Time. Moments like that are very rare." En tout cas, ce temps est bel et bien révolu.

Alors, Ferrari, s'il vous plait, plus d'audace !!

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